
DPE 2026 : votre logement peut-il encore être loué ?
À la mi-2026, la lettre du DPE n'est plus un détail de l'annonce : elle décide si le logement peut légalement être loué, tout court. La classe G est interdite aux nouvelles locations depuis janvier 2025, les loyers des F et G sont gelés, et la loi Le Meur vient de fermer la porte de sortie qu'était la location touristique en lui imposant à son tour un plancher énergétique. Si vous possédez (ou louez) un logement en France, voici l'état des lieux de juillet 2026 : ce qui est déjà interdit, ce qui le sera ensuite, et ce qu'un propriétaire de F ou G peut encore faire, concrètement.
Le calendrier, tel qu'il s'applique en juillet 2026
La loi Climat et Résilience a inscrit les interdictions de location dans la définition du logement décent, et le calendrier n'a pas bougé : - Classe G — déjà interdite. Depuis le 1er janvier 2025, un logement G ne peut plus revenir sur le marché locatif de longue durée. Nouveaux baux, renouvellements et reconductions tacites sont concernés. - Classe F — interdite au 1er janvier 2028. Dix-huit mois : un changement de locataire, pour la plupart des bailleurs. - Classe E — interdite au 1er janvier 2034. À partir de cette date, il faudra être classé D ou mieux pour louer. Un locataire en place n'a pas à partir — l'interdiction frappe à la prochaine mise en location. Mais un locataire d'un logement G peut déjà invoquer l'indécence énergétique et demander au juge ou à la commission départementale de conciliation d'ordonner des travaux. Le calendrier complet, exemptions comprises, est dans notre guide des interdictions de location.
Interdit ou gelé : ce que vivent les propriétaires de F et G aujourd'hui
Deux sanctions différentes sont souvent confondues : - L'interdiction bloque un nouveau bail. Le G y est déjà ; le F suit en 2028. - Le gel frappe le loyer. Depuis le 24 août 2022, les loyers de tous les logements F et G sont gelés : pas de révision IRL annuelle, pas de hausse entre deux locataires, pas de contribution travaux. Le gel s'applique même pendant qu'un bail en cours se poursuit légalement. C'est cette combinaison qui rend l'attentisme coûteux. Un propriétaire de G est hors marché ; un propriétaire de F encaisse un loyer que l'inflation grignote chaque année jusqu'en 2028, où le marché se fermera pour lui aussi. Pendant ce temps, le vivier d'acheteurs pour un F/G non rénové se réduit : depuis 2023, vendre un logement F ou G impose déjà un audit énergétique complet en plus du DPE.
La location touristique n'est plus la porte de sortie
Jusqu'à récemment, un propriétaire bloqué en longue durée pouvait encore basculer le même logement sur Airbnb — la location touristique échappait aux règles de décence. La loi Le Meur (loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024) a fermé cette brèche, et 2026 est l'année où sa mécanique est devenue concrète : - Dans les communes soumises au changement d'usage, un DPE classé A à E est exigé pour toute nouvelle autorisation de location touristique — un logement F ou G doit être rénové d'abord. - À partir du 1er janvier 2034, tout meublé de tourisme qui n'est pas la résidence principale du propriétaire devra atteindre au moins la classe D — le seuil que la location classique atteint la même année. - Depuis le 20 mai 2026, le téléservice national d'enregistrement est en vigueur : les nouvelles déclarations passent par la plateforme unique de l'État, et la mairie peut exiger un DPE valide de l'hôte. À noter que le volet fiscal a changé en parallèle : depuis les revenus 2025, un meublé de tourisme non classé ne bénéficie plus que d'un abattement micro-BIC de 30 % plafonné à 15 000 € (contre 50 % / 77 700 € pour un meublé classé). Pour mesurer l'effet sur vos propres recettes, le simulateur loi Le Meur d'AdminLanding fait le calcul en deux minutes. Le volet énergie de la courte durée est détaillé dans notre guide meublé de tourisme et DPE.
Premier réflexe : vérifier ce que vaut réellement votre classe
Avant de chiffrer des travaux, vérifiez la lettre elle-même — pour deux raisons. Le coefficient électricité 2026. Depuis le 1er janvier 2026, le DPE convertit l'électricité en énergie primaire avec un coefficient abaissé (1,9 au lieu de 2,3). Les logements tout-électrique y gagnent mécaniquement : une partie des F calculés avec l'ancienne formule ressortent E sur un DPE réédité, sans un euro de travaux. Nous avons fait les comptes dans notre guide du nouveau coefficient — si votre logement chauffe à l'électricité et que son DPE date d'avant 2026, re-tester est l'option la moins chère du marché. Les DPE anciens ou erronés. Les DPE émis avant juillet 2021 ne sont plus valides, et un DPE manifestement faux est opposable — il peut être contesté. Un diagnostic frais, réalisé par un professionnel certifié, est le document de référence de toutes les règles de cet article. Pour situer un logement précis — sa classe, l'échéance d'interdiction qui le concerne, les documents d'un dossier de location conforme — la vérification gratuite DPE 2026 d'AdminLanding fait le point en deux minutes.
Les quatre options réalistes pour un logement F ou G
Une fois la classe confirmée, l'arbre de décision est court : 1. Rénover jusqu'à E ou mieux. Isolation, ventilation et changement de chauffage sont les gestes qui font bouger la lettre. MaPrimeRénov', l'éco-PTZ et les CEE restent ouverts aux bailleurs en 2026, et une lettre gagnée débloque souvent à la fois le marché locatif et le loyer gelé. 2. Re-tester avant de rénover. Comme ci-dessus — les F tout-électrique en particulier sont peut-être déjà des E avec le coefficient 2026. 3. Changer l'usage du bien. Vendre, loger un proche, ou basculer vers un usage hors des règles locatives. Rappel : l'audit énergétique est obligatoire pour vendre un F ou G. 4. Ne rien faire — en connaissance de cause. Légal tant qu'un bail court, mais avec un loyer gelé, un locataire qui peut exiger des travaux, et un mur en 2028 pour les F. C'est une position, pas une stratégie. Entre louer nu, meublé, courte durée ou vendre, chaque branche a sa propre piste administrative — diagnostics, clauses du bail, dossiers d'aides. Le guide que faire de votre location pose l'arbre de décision complet, règle par règle.
Conclusion : La question « mon logement peut-il encore être loué ? » a désormais une réponse purement alphabétique : G — non ; F — oui, loyer gelé, jusqu'en 2028 ; E — oui, jusqu'en 2034 ; D et mieux — oui. La nouveauté de 2026, c'est que le même alphabet atteint Airbnb : la lettre de votre DPE est le premier fait à établir avant toute décision locative cette année. Vérifiez la classe d'abord — le coefficient électricité 2026 rend ce geste gratuit, voire gagnant, pour certains propriétaires — puis choisissez votre branche avec le calendrier sous les yeux. Chiffres à jour de juillet 2026 ; vérifiez toujours à la source officielle avant d'agir.
Questions fréquentes
Un logement classé G peut-il encore être loué en 2026 ?
Pas sur un nouveau bail. Les logements G sont interdits aux nouvelles locations de longue durée depuis le 1er janvier 2025, renouvellements compris. Un bail en cours continue, mais le loyer est gelé et le locataire peut invoquer l'indécence énergétique pour exiger des travaux. En courte durée, les communes à changement d'usage exigent un DPE A–E pour toute nouvelle autorisation.
Quand les logements F seront-ils interdits à la location ?
Au 1er janvier 2028 pour les nouvelles locations de longue durée en France métropolitaine. La classe E suivra au 1er janvier 2034. Les loyers des F et G sont déjà gelés depuis août 2022 : attendre a un coût, avant même l'interdiction.
Puis-je mettre mon F sur Airbnb plutôt que de le louer à l'année ?
De moins en moins. La loi Le Meur impose un DPE classé A–E pour toute nouvelle autorisation de changement d'usage, et tout meublé de tourisme hors résidence principale devra atteindre la classe D d'ici 2034. Depuis le 20 mai 2026, les nouvelles déclarations passent en outre par le téléservice national d'enregistrement, et la mairie peut exiger un DPE valide.
Le coefficient électricité 2026 change-t-il ma classe DPE ?
Possiblement, si le logement est chauffé à l'électricité. Depuis le 1er janvier 2026, le DPE applique un coefficient d'énergie primaire de 1,9 au lieu de 2,3 pour l'électricité, ce qui améliore mécaniquement les logements tout-électrique — une partie des F ancienne formule ressortent E sur un DPE réédité, sans travaux. Il faut un nouveau diagnostic pour officialiser le gain.
Le DPE est-il obligatoire pour une location touristique ?
Il le devient. Dans les communes à changement d'usage, un DPE A–E est exigé pour les nouvelles autorisations ; la règle de la classe D en 2034 couvrira tous les meublés de tourisme hors résidence principale ; et depuis l'entrée en vigueur du registre national le 20 mai 2026, la mairie peut exiger un DPE valide de l'hôte enregistré.
À propos de l'auteur :
Julien Maurice est le fondateur d'AdminLanding et rédige les guides éditoriaux de GreenDailyFix. Il couvre la réglementation énergétique française et le volet administratif de la location et de la rénovation immobilière en France.
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