
Les mentions DPE obligatoires dans une annonce de location (2026)
Que doit indiquer une annonce de location en matière d'énergie ? Toute annonce doit afficher la classe énergie du DPE (A–G), la classe GES (gaz à effet de serre), le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie avec son année de référence, et — pour un logement F ou G — la mention « logement à consommation énergétique excessive ». Le DPE doit ensuite être remis au locataire et annexé au bail. Ce guide détaille chaque mention obligatoire, depuis quand elle s'applique, et ce que coûte une mention erronée ou manquante.
La réponse rapide : ce que toute annonce doit afficher
Depuis la loi Climat et Résilience, une annonce de location n'est pas un texte marketing libre — c'est une notice réglementée. Quel que soit le support (portail en ligne, vitrine d'agence, presse écrite), les mêmes mentions énergétiques obligatoires s'appliquent, et elles valent à l'identique pour les bailleurs particuliers et pour les agences. Une annonce de location conforme en 2026 doit afficher : - La classe énergie du DPE (A à G), étiquetée et lisible. - La classe GES / climat (A à G) — la note d'émissions de gaz à effet de serre, distincte de la lettre énergie. - Le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie pour un usage standard, sous forme de fourchette en euros, avec l'année de référence des prix. - Pour les logements F et G, la mention « logement à consommation énergétique excessive ». Une seule de ces mentions erronée et l'annonce est non conforme — les conséquences sont détaillées plus bas. Ceci est une information générale, pas un conseil juridique ; vérifiez votre situation sur service-public.gouv.fr ou auprès d'un professionnel.
Classe énergie et classe GES sont-elles toutes les deux obligatoires ?
L'erreur la plus courante est de n'afficher que la lettre énergie. Le DPE produit deux notes, et l'annonce doit porter les deux : - La classe énergie, A à G, qui reflète la consommation d'énergie primaire. - La classe climat / GES, A à G, qui reflète les émissions de gaz à effet de serre. Les lettres doivent être présentées clairement et lisiblement, en caractères au moins aussi grands que le texte de l'annonce. Une annonce qui indique « DPE : D » mais omet la classe GES est incomplète. Pourquoi les deux comptent : un logement chauffé au gaz peut afficher une bonne classe énergie mais une mauvaise classe GES, et un logement électrique l'inverse. Le locataire a le droit de voir les deux avant de candidater — c'est précisément pour cela que la réglementation rend la classe GES non optionnelle.
Le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie (depuis le 1ᵉʳ janv. 2022)
C'est la mention que les bailleurs oublient le plus souvent. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2022, toute annonce de location doit indiquer le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie pour un usage standard, issu du DPE. Il s'affiche sous forme de fourchette en euros (minimum–maximum), précédée de la mention « Montant estimé des dépenses annuelles d'énergie pour un usage standard », et doit préciser l'année de référence des prix de l'énergie utilisés dans le calcul. L'estimation couvre tous les usages du DPE : chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire, éclairage et auxiliaires. L'objectif est de permettre au futur locataire de voir, avant de candidater, le coût d'usage approximatif du logement — de sorte qu'un loyer confortable sur une passoire thermique ne masque plus une facture d'énergie punitive. Le DPE étant opposable, un locataire qui constate ensuite une consommation réelle très supérieure au chiffre annexé au bail peut réclamer l'écart : le tribunal de Colmar, en novembre 2025, a condamné un bailleur à payer la différence entre l'estimation du DPE et la surconsommation réelle du locataire.
La mention « consommation excessive » pour les logements F et G
Pour tout logement classé F ou G — une passoire énergétique — l'annonce doit porter la mention explicite « logement à consommation énergétique excessive », en caractères au moins aussi grands que le reste de l'annonce. Ce n'est pas un avertissement de complaisance, c'est une étiquette réglementée, et elle s'accompagne de deux réalités dures pour les bailleurs F/G en 2026 : - Gel des loyers : les loyers des logements F et G ne peuvent pas être augmentés (ni indexation IRL, ni hausse à la relocation) tant que le bien n'est pas amélioré. - Interdictions de louer : la classe G est déjà interdite à la location pour les nouveaux baux (depuis le 1ᵉʳ janvier 2025) ; la F suit en 2028 et la E en 2034. Si votre logement est chauffé à l'électrique et classé F ou G, revérifiez d'abord sa classe : le coefficient d'énergie primaire de l'électricité est passé de 2,3 à 1,9 le 1ᵉʳ janvier 2026, ce qui fait remonter d'une classe de nombreux logements électriques sans travaux — et peut supprimer entièrement la mention de consommation excessive.
De l'annonce au bail : le DPE doit être annexé
Les mentions de l'annonce ne sont que la première étape. À la signature, le DPE doit être remis au locataire et annexé au bail, au sein du dossier de diagnostic technique (DDT). La classe énergétique figure aussi dans le corps du bail, et le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie y est repris. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2021, le DPE est opposable — juridiquement contraignant. Le locataire peut saisir le tribunal du lieu de situation du logement pour demander des dommages et intérêts, voire l'annulation du bail, si le DPE est erroné ou n'a pas été fourni. C'est une exposition très différente du DPE « simple information » d'avant 2021. La chaîne est donc : les bonnes mentions dans l'annonce, un DPE valide annexé au bail, et les mêmes chiffres énergétiques cohérents entre les deux. Un bail généré à partir d'un modèle intégrant les mentions obligatoires à jour préserve cette chaîne automatiquement. Pour le dossier plus large à constituer afin de prouver que le logement est louable, voyez la check-list documentaire de la décence énergétique du bailleur.
Ce que coûte une mention manquante ou erronée
Les conséquences se rangent en trois catégories : - Amende administrative sur l'annonce. Un professionnel (agence, ou bailleur agissant à titre professionnel) qui omet les mentions obligatoires de l'annonce risque une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale. - Responsabilité civile envers le locataire. Le DPE étant opposable, un locataire qui s'est fié à un DPE erroné annexé au bail peut réclamer une réduction de loyer ou des dommages-intérêts, ou demander l'annulation du bail — la décision de Colmar 2025 en est l'illustration vivante. - Risque de pratique trompeuse. Un chiffre énergétique substantiellement faux dans une annonce peut aussi être attaqué comme pratique commerciale trompeuse au titre du Code de la consommation. Les règles s'appliquent aux bailleurs particuliers comme aux agences — il n'existe pas d'exemption « petit bailleur particulier » ni des mentions de l'annonce ni de l'annexion du DPE.
Conclusion : Une annonce de location est une notice réglementée, pas un texte libre. Affichez à la fois la classe énergie du DPE et la classe GES, indiquez le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie avec son année de référence, ajoutez « logement à consommation énergétique excessive » pour les logements F et G, puis remettez le DPE au locataire et annexez-le au bail. Gardez les mêmes chiffres énergétiques cohérents de l'annonce au bail, car le DPE est opposable et une mention erronée entraîne désormais une amende et une responsabilité civile réelle — pour les particuliers comme pour les agences. Générez le bail et l'annonce à partir d'un modèle portant déjà les mentions obligatoires à jour, et la chaîne reste conforme par défaut.
Questions fréquentes
Dois-je afficher le coût de l'énergie dans l'annonce de location ?
Oui. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2022, toute annonce de location doit indiquer le montant estimé des dépenses annuelles d'énergie pour un usage standard, sous forme de fourchette en euros, précédé de « Montant estimé des dépenses annuelles d'énergie pour un usage standard » et en précisant l'année de référence des prix. Il est repris directement du DPE.
La classe GES (climat) est-elle obligatoire aussi, ou seulement la classe énergie ?
Les deux sont obligatoires. L'annonce doit afficher la classe énergie du DPE et la classe GES / climat, de A à G. N'afficher que la lettre énergie en omettant la classe gaz à effet de serre rend l'annonce non conforme.
Que se passe-t-il si j'oublie la classe DPE dans mon annonce ?
L'annonce est non conforme. Un professionnel qui omet les mentions obligatoires risque une amende administrative jusqu'à 3 000 € (personne physique) ou 15 000 € (personne morale). La règle vaut pour les bailleurs particuliers comme pour les agences, sur tous les supports — portails, vitrines d'agence et presse.
Le DPE doit-il être annexé au bail ?
Oui. Le DPE doit être remis au futur locataire et annexé au bail dans le dossier de diagnostic technique (DDT), et la classe énergétique figure dans le bail lui-même. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2021, le DPE est opposable.
Qu'est-ce que la mention « consommation excessive » et quand l'ajouter ?
Pour tout logement classé F ou G, l'annonce doit comporter « logement à consommation énergétique excessive », en caractères au moins aussi grands que le texte. Ces logements subissent aussi un gel des loyers, et la classe G est déjà interdite à la location depuis 2025 (F en 2028, E en 2034).
Un locataire peut-il me poursuivre pour un DPE erroné ?
Oui. Le DPE étant opposable depuis le 1ᵉʳ juillet 2021, le locataire peut saisir le tribunal pour demander des dommages-intérêts ou l'annulation du bail si le DPE est erroné ou manquant. Une décision de 2025 a fait payer au bailleur l'écart entre l'estimation du DPE et la surconsommation réelle du locataire.
À propos de l'auteur :
Julien Maurice est le fondateur d'AdminLanding et rédige les guides éditoriaux de GreenDailyFix. Il couvre la réglementation énergétique française et le volet administratif de la location et de la rénovation immobilière en France.
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