Stop au courant fantôme : 7 appareils cachés qui vous coûtent plus de 200 € par an
Une prise wattmètre à 20 € m'a révélé une vérité gênante dans mon appartement marseillais : 127 watts consommés en continu, tous appareils officiellement « éteints ». Sur l'année, cela représente environ 1 100 kWh, soit ~220 € au tarif Bleu 2024 (0,2516 €/kWh). L'ADEME estime que les veilles et appareils en marche au repos pèsent ~10 % de la facture d'électricité d'un foyer français — un chiffre qui n'a quasiment pas bougé en dix ans malgré la directive européenne sur l'éco-conception. Voici les sept coupables qui reviennent partout — et les solutions à 15–30 € qui marchent vraiment.
Télé / box / streaming
En veille, le poste TV français typique — TV + box (Bbox, Livebox, Freebox), Apple TV ou Chromecast, barre de son — tire 20 à 30 W en continu. La Freebox seule a été mesurée entre 12 et 18 W en veille (tests Que Choisir, 2023). Une multiprise à interrupteur coupe tout d'un geste ; certaines box (Freebox, Livebox) ont aussi un mode veille profonde dans leurs réglages (cherchez « mode économie d'énergie »). Gain : 50 à 70 €/an sur une installation classique.
Consoles en « mode repos »
La PS5 en mode repos tire 1,5 à 10 W selon les réglages ; la Xbox Series X en mode « démarrage instantané » consomme 12 à 13 W (contre ~0,5 W en mode économie d'énergie). Désactivez le démarrage instantané dans Paramètres → Mode d'alimentation : 20 à 30 €/an économisés par console. Les 30 secondes de démarrage à froid en plus sont un compromis honnête.
Chargeurs et hubs USB
Un chargeur de téléphone branché à vide tire 0,1 à 0,5 W — négligeable seul. Mais l'appartement français moyen compte 8 à 12 chargeurs en permanence (PC, téléphone, tablette, montre, brosses à dents, écouteurs). Cumulés, c'est 5 à 15 W. Regroupez-les sur une multiprise à interrupteur près de l'entrée ou du chevet.
Équipement de bureau
Écran + imprimante + dock + enceintes + hub USB pèsent typiquement 15 à 25 W en veille — une part non négligeable de la facture d'un télétravailleur. Un programmateur mécanique à 15 € (ou une prise connectée Linky-friendly comme la Tapo P110) qui coupe l'alimentation 22 h–6 h et le week-end fait gagner 30 à 50 €/an. La Tapo P110 affiche aussi la consommation instantanée — elle sert de wattmètre pour traquer les autres veilles.
Cuisine : micro-ondes, cafetière, lave-vaisselle
Horloges et logique de veille du micro-ondes + Nespresso + lave-vaisselle additionnent 5 à 10 W en continu. Une multiprise à interrupteur dans le coin « petit électroménager » que vous coupez avant de dormir coûte 10 € et fait gagner 15 à 25 €/an. Bonus : une Nespresso totalement éteinte saute le cycle de rinçage automatique du matin, qui consomme étonnamment d'eau et d'électricité chaque jour.
Box internet et hubs domotiques
Laissez la box principale allumée (caméras de sécurité, serrures connectées, télétravail). Mais les hubs Hue, Sonos, gateways domotiques et nœuds maillés inutilisés peuvent en général tomber la nuit sans casse. Une fenêtre hebdomadaire dimanche 21 h–22 h sur prise connectée capte les mises à jour firmware sans avoir besoin d'une dispo 24/7.
Écrans et barres de son en veille
Certains modèles de moniteurs et de barres de son 2018–2020 tirent 5 à 10 W en veille profonde (LED frontale allumée). Les modèles récents conformes UE plafonnent à 0,5 W, mais beaucoup de foyers ont encore les anciens. Branchez-les sur la multiprise TV pour tout couper d'un coup — y compris l'horloge LED de la barre de son qui m'a coûté 7 W mesurés.
Comment trouver vos propres veilles (et quoi acheter)
Un wattmètre à 20 € (Brennenstuhl PM 231 E, Perel E305EM6, Voltcraft 4500 PRO) est l'achat le plus rentable. Mesurez chaque appareil sur 24 h : tout ce qui dépasse 1 W en supposément éteint est candidat. L'app Linky (EDF & Moi ou tiers comme Hello Watt, Pilot Power Manager) affiche la courbe de charge globale et révèle les pics de veille — utile pour repérer un appareil oublié allumé. Avec 30–50 € de wattmètre et de multiprises, la plupart des appartements français récupèrent 100–200 €/an, chaque année.
Conclusion : On ne voit pas le courant fantôme, mais on voit la facture. Un wattmètre à 20 €, deux multiprises à 15 € chacune, et une prise connectée à 15 € sur le poste bureau récupèrent 100 à 200 €/an sans rien changer au mode de vie. La courbe Linky confirme les gains en temps réel. Pour aller plus loin, voyez nos [astuces éclairage automne](/fr/blog/2025-09-24-autumn-lighting) et nos [5 habitudes pour réduire la facture de chauffage](/fr/blog/2025-10-01-cut-heating-bill-5-habits).
Questions fréquentes
Chasser les veilles, ça vaut vraiment le coup en France ?
Oui. La référence ADEME tourne autour de ~10 % de la facture électrique, soit pour une consommation moyenne annuelle de 4 679 kWh (RTE) environ 100–120 €/an au tarif Bleu. 30 € investis dans un wattmètre et deux multiprises sont rentabilisés en 2 à 3 mois, et l'économie continue chaque année.
Couper les appareils chaque nuit risque-t-il de les abîmer ?
Non, pour la quasi-totalité de l'électronique grand public. Exceptions : certaines imprimantes jet d'encre (cycle de nettoyage des têtes au démarrage) et les très vieilles TV cathodiques ou plasma. TV LED modernes, consoles en mode économie, amplis AV, écrans et matériel bureau encaissent très bien la coupure dure. Box (Freebox, Livebox) ont souvent un mode veille profonde plus doux qu'une coupure brutale.
Les prises connectées (Tapo, Shelly, Meross) valent-elles leur prix ?
Pour les appareils planifiables, oui. Une Tapo P110 (15–20 €) affiche la consommation en temps réel, automatise les horaires, et fonctionne sans hub via Wi-Fi. Shelly Plus 1PM (prix similaire) est l'équivalent format européen. Rentabilisées en 4–6 mois sur le poste TV ou bureau. Gardez la box principale sur une prise classique (vous ne voulez pas qu'une prise connectée plante votre internet).
Peut-on suivre la veille globale du foyer avec Linky ?
Oui. Le Linky transmet la consommation par tranches de 30 minutes à Enedis. Des apps tierces gratuites (Pilot Power Manager, Hello Watt, Energie+) affichent la courbe. Regardez entre 2 h et 5 h du matin — tout au-dessus de ~50 W est votre veille de base. Comparez avant/après chaque correction pour confirmer les économies (c'est très visible).
Et les chargeurs — faut-il les débrancher à chaque fois ?
Pas strictement. Un chargeur de téléphone moderne tire moins de 0,1 W au repos — soit 0,20 €/an. Exceptions : les vieux chargeurs à transformateur (gros cubes de plus de 100 g) et les blocs PC portables, qui peuvent tirer 1 à 3 W au repos. Regroupez-les sur une multiprise à interrupteur et ignorez les petits chargeurs téléphone ; le rapport effort/économie n'en vaut pas la peine.
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À propos de l'auteur :
Julien Maurice est le fondateur d'AdminLanding et rédige les guides éditoriaux de GreenDailyFix sur les aides à la rénovation française, la politique énergétique et le versant administratif de la transition énergétique. Contact : [email protected]
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